LES DIFFERENTES GALES

la gale commune

dernière mise à jour le 14/09/2007

La gale commune de la pomme de terre est provoquée par des bactéries filamenteuses. Cette maladie affecte principalement la qualité des tubercules de pomme de terre et se présente sous forme de lésions liégeuses ou pustuleuses. Des attaques peuvent aussi être observées aussi sur certains légumes racines (carotte, radis, navet, betterave, etc.). Cliquez pour zoomer...

L'incidence économique de cette maladie s'est considérablement accru au cours des dernières années, notamment depuis la mise sur le marché de tubercules lavés.

 

Les possibilités de lutte sont actuellement très insuffisantes. Il s'agit surtout de favoriser une culture à moindre "risque"; il n'y a pas de traitement chimique simple et efficace; il y a une sensibilité variétale. 

     

Symptômes et agents responsables

Le terme de gale commune recouvre en fait divers symptômes qui peuvent être regroupés en deux types principaux (pustule et liège). Ces deux formes de gales doivent être considérées comme deux maladies différentes qui se distinguent sous divers aspects comme l'agent causal, les symptômes, les conditions environnementales, la morphologie ou la physiologie des pathogènes impliqués, le comportement variétal, etc., qui conditionnent les possibilités de lutte.

 

GALE EN PUSTULE

Elle se présente sous forme de chancre en dépression ou en relief de taille et d'aspect variable. Selon les conditions environnementales, les pustules produites peuvent être superficielles, intermédiaires ou profondes. Les pertes économiques sont très importantes car les lésions provoquées affectent plus ou moins profondément la chair du tubercule.

 

GALE EN LIEGE

La gale liégeuse est décrite en Europe depuis 1902. Initialement attribuée aux conditions environnementales et associée à l'infection par Rhizoctonia, la gale liégeuse est maintenant considérée comme une maladie causée par des bactéries du genre Streptomyces.

 Elle se traduit par un simple épaississement du périderme, formant en surface des réseaux plus ou moins réguliers. L'étendue de ce symptôme peut être variable, allant de quelques tâches à la totalité de la surface des tubercules qui, dans les cas extrêmes, peuvent présenter des éclatements.

Ce type de symptômes n'endommage pas les tubercules en profondeur, mais il altère leur présentation. La gale liégeuse observée en Europe, dite réticulée, semble être différente de la gale liégeuse américaine, dite rugueuse

Les observations en Europe (Pays-Bas, en Suède, au Danemark ou France) ont montré que la gale réticulée attaque aussi les stolons, la base des tiges et surtout les racines. Cette infection générale peut se produire tôt en saison et avoir un effet sur le développement végétatif et sur le rendement .

   

Développement de la maladie et lutte

 Les circonstances sont multiples et peuvent se cumuler

  

 NATURE DES SOLS

 Les sols sableux, légers, aérés sont les plus favorables à la maladie. De même, bien que des attaques de gale puissent être observées dans une large gamme de pH, les  cas les plus graves s'observent dans des sols neutres ou légèrement alcalins.

  

FERTILISATION ET AMENDEMENTS

L'utilisation d'engrais acidifiants engendre dans certains cas des effets bénéfiques.

En revanche, l'apport d'amendements calcaires, parfois indispensable pour d'autres cultures de la rotation ou pour réduire l'incidence d'autres pathogènes, risque de conduire à une aggravation de la gale.

 

LES ASSOLEMENTS ET ROTATIONS 

Il est généralement admis que le raccourcissement des rotations, avec le retour fréquent de variétés sensibles sur les mêmes parcelles, favorise la prolifération de la gale. Cependant, l'effet des courtes rotations semble dépendre du type de gale, il serait beaucoup plus marqué pour le type liégeux que pour le type pustuleux.

 

CONDITIONS CLIMATIQUES DU SOL

Le développement de la gale est conditionné par l'humidité du sol, notamment en début de tubérisation. Là encore, on note les divergences entre les deux types de gales.

S'il s'avère que la gale pustuleuse peut effectivement être fortement réduite par une augmentation de l'humidité du sol (irrigation) au moment de la tubérisation, il semble, au contraire, que la gale liégeuse soit favorisée par de telles conditions. D'autre part, le développement de la gale commune est aussi conditionné par la température du sol.

D'après la littérature, les optima  thermiques sont de 19 à 24 °C pour le type pustuleux et de 13 à 17°C  pour le type liégeux.

 

COMPORTEMENT VARIETAL

Il existe des différences de comportement variétal aux deux types de gales. Beaucoup de variétés sont peu ou pas sensibles au type liégeux. En revanche, celles qui sont sensibles sont très cultivées, notamment Bintje et Désirée. Il n'y a pas de variétés totalement résistantes à la gale  en pustule. Les différences de sensibilité sont dans ce cas quantitatives (différents degrés de sensibilité).

 Certains variétés sensibles à la gale en liège le sont également au type pustule, si bien que les deux symptômes peuvent être observés sur les mêmes tubercules.

Les différences de réaction des variétés vis-à-vis des différents types de gales montrent la nécessité de bien identifier l'agent causal avant d'envisager l'application de la résistance variétale comme moyen de lutte.

      

POSSIBILITES ACTUELLES DE LUTTE

I1 n'existe pas actuellement de solutions pratiques intéressantes. Cependant, il est préférable de privilégier les méthodes préventives et surtout les pratiques culturales : respect des rotations, engrais verts, chaulages modérés ou progressifs.

    

   

différences existantes entre la GALE EN PUSTULE, la GALE en LIEGE RETICULEE (européenne) et RUGUEUSE (Américaine).

 

 

GALE en PUSTULE

GALE RETICULEE

GALE RUGUEUSE

GALES

superficielle à profonde

superficielle

superficielle

ATTAQUE des RACINES

faible

forte

non observée

EFFET sur le RENDEMENT

nul

réduction

nul

RESISTANCE VARIÉTALE

quantitative

qualitative

quantitative

REACTION à L’HUMIDITE du SOL

attaque réduite

attaque augmentée

attaque augmentée

T° OPTIMALE du SOL

19-24°C

13-17°c.

23-27°C.

REPONSE à des ROTATIONS de variétés SENSIBLES

faible à nul

forte, augmentation de l’attaque

inconnue

 

      

LA GALE ARGENTEE

 AGENT RESPONSABLE et TRANSMISSION
La gale argentée est due au champignon Helminthosporium solani.

La transmission de ce parasite est assurée essentiellement par les tubercules contaminés; il pourrait vivre dans le sol pendant une période de quelques mois.
La contamination a lieu principalement au champ mais est aussi possible en conservation.


DESCRIPTION ET SYMPTOME sur TUBERCULES
On observe sur le tubercule des plages claires, argentées qui sont bien visibles pour les variétés de pomme de terre â peau rouge. Ces plages s’étendent et se couvrent de très fines ponctuations noires (fructifications du champignon ou conidiophores portant les spores). À la récolte, ces symptômes sont à peine visibles et ils se manifesteront surtout pendant la période de conservation lorsque la température et l’humidité sont favorables. L'optimum thermique se situe vers 20-25°C mais il peut y avoir un certain développement dès 5°C.
Le décollement de l’épiderme favorise la déshydratation et le flétrissement des tubercules.
Les symptômes de gale argentée et de dartrose sont souvent confondus même si certains critères permettent de les différencier; taches mieux délimitées, plus argentées et avec de plus fines ponctuations noires pour la gale argentée (tubercule de gauche) que pour la dartrose.

 

FACTEURS AGGRAVANTS en CULTURE

- plant contaminé

- les résidus de cultures sensibles peuvent maintenir l'inoculum dans le sol

- l'allongement du délai entre le défanage et la récolte (durée du maintien des tubercules dans le sol)

FACTEURS AGGRAVANTS en CONSERVATION

- mauvais séchage des tubercules en début de conservation

- le maintien d'une humidité de l'air saturante dans le stockage ou de condensation sur les tubercules, surtout si la température est assez élevée (développement possible à partir de 5° et important à partir de 8°)

- la présence de spores dans les locaux (poussière, système de ventilation ...)

- un mauvais séchage des tubercules en sortie de stockage (condensation)

 
LUTTE
Diverses mesures permettent de limiter l’extension de la gale argentée sans toutefois empêcher complètement son développement:

-> EN VEGETATION : maintenir un délai de défanage - récolte au minimum nécessaire pour la subérification de la peau (inf à 4 semaines)

-> AVANT et EN COURS DE CONSERVATION

- désinfecter correctement les locaux avant stockage
- Récolter dès que le périderme des tubercules est suffisamment formé;
- Bien sécher les plants à la récolte: ventilation avec de l'air plus froid de 1 à 2°);
- Conserver dans de bonnes conditions de stockage (basse température et humidité limitée), et limiter les phénomènes de condensation en sortie de frigo;

- bien sécher les tubercules en sortie de stockage
- Traiter le plant avec des fongicides efficaces (spécialités à base de mancozèbe en particulier).