la récolte et le stockage

dernière mise à jour le 15/09/2007

(infos extraites, entre autre, du mémento du producteur Rhône-Alpes, édition 1995)  

Nous abordons là quelques bases qui vont guider la préparation d'une production de pommes de terre

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1/ Date de la récolte

2/ Précautions à prendre

3/ Endommagements mécaniques

4/ STOCKAGE: le bâtiment

     STOCKAGE: la ventilation

             

Le tubercule de pomme de terre est un légume fragile, par conséquent, la récolte doit se faire dans les meilleurs conditions lorsque les tubercules sont bien à maturité complète, lorsque la peau est correctement formée, elle ne se détache plus sous la pression du pouce.

        

  

1/ Date de la récolte

La date de la récolte sera conditionnée par:

La date du défanage.

Dans tous les cas, la récolte ne pourra pas intervenir avant 15 jours à 3 semaines après le défanage.  

Ce maintien dans le sol permet une bonne adhérence de l'épiderme du tubercule ce qui lui confère:

-une meilleur résistance aux chocs,

-des pertes par déshydratation modérées,

-une conservation pendant une période plus longue.

 Pour certaines variétés à peau fragiles, une durée plus longue de 3 à 4 semaines est préférable (néanmoins, attention aux risques de développement de Rhizoctone et de la gale argentée).

La température des tubercules.   

Celle-ci doit être supérieure à 15°C pour effectuer l'arrachage. Même mûr, un tubercule à moins de 10° de température interne ne supporte pas la récolte car trop fragile.

Les conditions atmosphériques

- Si la terre est trop sèche  les risques de blessures sont importants. Un apport de 10 à 15 mm d'eau d'irrigation sera alors nécessaire.

- Si la terre est trop humide les risques de pourriture sont plus fréquents, le tubercule turgescent est aussi plus fragile. Eviter l'arrachage si le séchage des tubercules et de la terre adhérente n'est pas réalisé de façon efficace.

     

         

2/ Précautions à prendre par le producteur

           

Au niveau du tubercule récolté.

- Ne pas dépasser des hauteurs de chute de 30 cm sur tout le trajet effectué par la pomme de terre.

- Éliminer les tubercules coupés, trop endommagés ou partiellement  pourris sur table de visite avant livraison ou stockage.

- Traiter ou stocker les lots douteux à part (zones humides, passage de pulvérisateur en année difficile).

     

Au niveau de la mécanisation de la récolte.  

TRACTEUR 

- s'assurer d'abord que le tracteur n'est pas équipé de pneus trop larges.

- réduire la vitesse de travail au minimum admissible pour le chantier.

ARRACHEUSE  

- veiller au bon entretien des disques et socs.

- bien régler la profondeur des socs arracheurs (en dessous des tubercules en restant au-dessus de la couche de terre non affinée lors des préparations superficielles du sol avant la plantation).

- adapter la vitesse de travail de l'arracheuse de façon à maintenir le plus loin possible la couche de terre qui monte sur la chaîne de tamisage pour servir de matelas protecteur.

- régler au mieux les rouleaux effaneurs.

- utiliser les secoueurs normalement sans en abuser si le tamisage de la terre n'est pas suffisant.

- éviter tout choc sur des parties dures en introduisant des systèmes amortisseurs (protection des barreaux) et en veillant à leur bon fonctionnement.

Observations:

A l'arrachage les effaneurs et le manque de terre fine sont responsables de 40% des blessures et chocs.

      

Au niveau du remplissage des bennes et transports

- approcher au maximum le système d'évacuation (col du signe) des pommes de terre au fond des bennes. Limiter la hauteur de chute à 0.50 - 0.60 m sur une couche de pomme de terre et 0.25 -0.30 sur matériaux durs.

- prévoir d'équiper les remorques de bâches "stop choc"filets amortisseurs, matelas protecteurs au fond des bennes.

- éviter toute irrégularité de vitesse d'écoulement de la récolte.

- limiter si possible la capacité des remorques pour minimiser les écrasements.

     

Lors de la manutention ou de la livraison  

- manipuler la récolte à bonne température supérieur à 12-15°C en tout cas toujours supérieure à 10°C.

- adapter la vitesse au débit sur les tapis (élévateur, conditionnement).

- réaliser les livraisons dans les centres à l'aide de remorques équipées de fonds mouvants.

     

    Malgré toute ces précautions, pour s'assurer de l'efficacité du travail réalisé, il est préférable que le producteur puisse contrôler son lot dans les 48 heures (l'utilisation d'une étuve permet de réduire ce délais d'attente à 12 heures), il devra alors éplucher quelques pomme de terre. Si celui-ci révèle la présence de coups, il conviendra non seulement de surveiller soigneusement le lot mais d'intervenir au plus vite sur la chaîne de récolte et les conditions de récolte pour la suite des opérations et améliorer la qualité des lots suivants.

     

     

3/ Endommagements mécaniques

Parmi les blessures les plus fréquemment rencontrées le producteur doit connaître les origines pour y remédier. On peut distinguer :

         

Les éraflures.

Elles sont dues à des frictions entraînant la disparition partielle de la peau. Elles ne posent pas de gros problèmes de conservation si les conditions de stockage favorisent la cicatrisation mais elles peuvent déprécier la marchandise. Attention avec les tubercules de primeurs.

Origines:

-défanage trop précoce, temps de maintien dans le sol trop court ou fertilisation azotée excessive.

    

Le noircissement interne.

Juste sous la peau, on constate l'apparition de tâches de couleur gris bleuté (tâches cendrées) généralement un à trois jours après la récolte, lésions dues à des chocs d'énergie parfois très faibles, provoquant un écrasement des tissus  sans éclatement de la peau.

Origines:

- sensibilité naturelle des tubercules liées à la variété,

- teneur en matière sèche élevée >23% (récolte tardive),

- carence en potassium de la plante,

- manipulations à basses températures,

- culture en sol asphyxiant.

        

Les éclatements, fissures et écrasements internes.

Ces types d'endommagements de type fracture sont dus aux chocs les plus violents et causent une dégradation de la peau et des tissus, favorisant la pénétration de nombreux parasites.

Origines:

- sensibilité variétale,

- tubercules fraîchement récoltés plus turgescents,

- manque de maturité,

- maintien dans le sol insuffisant,

- basses températures lors de la manipulation,

- résistance de la peau.

Observations:Il n'y a pas de relation directe entre teneur en matière sèche et endommagement de type fracture.

     

Pour le producteur, il est préférable d'utiliser des variétés plus résistantes aux chocs en fonction des conditions de commercialisation.

      

    

4/ Stockage

        

Le bâtiment de stockage

       

Les pommes de terre sont vivantes et respirent en dégageant de la chaleur et de l'eau.

En cours de stockage, le tas ne doit ni s'échauffer, ni trop se refroidir. La transpiration des pommes de terre ne doit pas entraîner de condensation sous peine de développement de pourritures. La qualité des pommes de terre sera maintenue d'autant mieux que :

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la hauteur de stockage ne dépasse pas 3,50 m ;

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les conditions d'ambiance (température et hygrométrie à l'intérieur des tas et dans le local) sont maîtrisées par une ventilation dynamique régulée avec possibilité de réchauffer ou de refroidir l'air ;

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le local sera parfaitement isolé (murs et plafonds) ;

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enfin, le local sera sombre pour éviter le verdissement.

     

Aménagement de locaux existants pour stockage individuel

Surface nécessaire pour stocker 1 hectare (40 tonnes) sur 3,5 m de haut : 2,3 tonnes/m2 ou 0,45 m2/tonne

pour 1 ha = 18 m2

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 hauteur sous plafond: 3,50 m+ 1 m pour avoir un volume d'air suffisant

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 le sol doit être bétonné

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 les parois doivent pouvoir résister à la poussée du tas. Pour un stockage sur 3,50 m de haut, la poussée contre le mur au bas du tas est de 920 kg par mètre linéaire.

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 le bâtiment doit être suffisamment étanche pour permettre la ventilation en circuit fermé sans perte de chaleur.

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 réalisation de l'isolation :

 

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des murs : en raison de la poussée et des risques de choc, il vaudra mieux réaliser une isolation extérieure;

 

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du plafond : Sous la charpente ou par plafond suspendu, bien veiller à prendre un isolant peu perméable à la vapeur d'eau, sinon bien veiller à placer un pare-vapeur sur les deux faces.

 

 

La face "intérieur"de l'isolant doit être facilement nettoyable pour permettre la désinfection du local.

NB: Des séparations intérieures doivent permettre d'individualiser des lots différents (variétés, conditions de récolte différentes, etc.). Chaque lot doit pouvoir être ventilé séparément.

     

Le conditionnement thermique de l'air

Dans la mesure du possible, on fera appel à l'air extérieur la nuit, pour refroidir le tas et, la journée, à l'air ambiant, en circuit fermé, avec le dégagement naturel de chaleur par les pommes de terre pour chauffer le tas.

Mais cela sera insuffisant :

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en forte période de gel prolongé, il faudra obligatoirement avoir recours à un procédé thermique d'appoint pour maintenir la température des tas au niveau voulu,

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pour un stockage de fin de campagne, il faudra alors disposer également d'un système de réfrigération.

     

NB: La température des tas doit être régulièrement contrôlée au moyen de thermomètres sondes. Ceux-ci peuvent servir en outre à piloter automatiquement la ventilation et le contrôle de l'ambiance dans les plus grosses installations.

 

              

La conduite du stockage et de la ventilation

     

A la réception: sécher la récolte et favoriser la cicatrisation

Malgré toutes les précautions prises à la récolte et au transport, on ne peut pas éviter un minimum de blessures, même superficielles...

En maintenant la température du tas en-dessus de 12°C, on considère que la cicatrisation a lieu en 15 jours pour une température de 15°C à 20°C. Pour des températures plus basses, il faudra plus longtemps. De même, dans le cas où on rentre des pommes de terre mouillées.

     

Abaissement progressif de la température des tas jusqu'à 8°C (en 15 jours) puis maintien de cette température.

     

Traitement antigerminatif

Ce traitement est indispensable si le stockage doit durer plus de deux mois.

Il consiste à mettre les tubercules en contact avec des produits chimiques inhibiteurs de la germination: ils agissent par vapeur. Ils existent en poudre ou en liquides thermonébulisables.

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 Les doses à utiliser seront fonction de la durée de la conservation (5 grammes de matière active/tonne/3 mois). Les teneurs en résidus à la consommation sont réglementées.

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Ces produits doivent être appliqués sur des tubercules secs et cicatrisés sous peine de provoquer des altérations, voire des brûlures de la peau.

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par poudrage: seule technique utilisable pour des stockages précaires sans installations de ventilation des tas. Le poudrage ne pouvant se réaliser qu'à la mise en tas:

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il ne pourra s'appliquer sans risques qu'à des tubercules récoltés murs, propres et secs;

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il sera disponible de ré-intervenir par la suite , donc la durée du stockage devra être connue avec suffisamment de précision dès le départ pour calculer au plus juste la quantité de produit à utiliser

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par thermonébulisation : technique plus souple d'emploi, ce permet 

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de traiter avec des doses plus faibles (pas de risques de brûlure),

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de traiter après la cicatrisation,

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et de ré-intervenir tout au long de la conservation jusqu'à un mois avant la livraison. La nébulisation nécessite l'emploi d'appareils spécifiques générateurs de brouillard.

        

Réchauffage du tas avant reprise

A 8° C, les pommes de terre sont très sensibles aux chocs. Avant de les reprendre, il faudra donc les réchauffer jusqu'à 12°C au minimum.

        

Désinfection des locaux

Celle-ci doit impérativement avoir lieu avant de rentrer une nouvelle récolte. Elle a pour but de détruire tous les germes de maladies fongiques et bactériennes qui pourraient affecter la nouvelle récolte au cours du stockage (fusarioses, herwinia... etc.).

Après lavage, la désinfection sera réalisée :

-soit par lessivage (matériaux étanches) avec du crésyl, du formol, de l'eau de javel... en solution ;

-soit par fumigation dans des locaux hermétiquement clos avec des vapeurs d'anhydride sulfureux ou de formol qu'on laisse agir pendant 12 heures (ventilation en marché en circuit fermé ) puis on aère.

       

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