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Divers désordres physiologiques, dont l’origine n’est pas parasitaire, peuvent
être provoqués par les conditions d’environnement et de nutrition, ils sont
parfois associés à la présence d’agents pathogènes intervenant dans un deuxième
temps, si les conditions sont favorables.
LE BOULAGE

Formation
de tubercules fils à partir d’un tubercule mère sans développement foliaire
(photos 1&2). Le boulage résulte d’une mauvaise conservation ou d’une conservation
trop longue. La plantation à température basse ou l’égermage répété favorisent
ce phénomène, lié aussi à la sensibilité variétale à l’incubation.
Enroulement des germes
Lors de plantation de tubercules fortement germés dans un sol froid, ce
qui est notamment le cas en primeur, on observe parfois une non-émergence
ou des retards à la levée dus à une croissance anormale des germes (en anneaux
notamment). Ces conditions favorisent les attaques de rhizoctone sur les
germes.

Repousses, diabolos, crevasses. vitrosité:
Le terme de repousse s’applique à des conditions de culture alternant une
période de culture chaude et sèche pendant laquelle la croissance des tubercules
est bloquée, suivie d’un temps frais et humide (pluie ou irrigation) favorable
à la croissance rapide des plantes. Des déformations de tubercules se produisent
alors lors du redémarrage de la croissance : tubercules difformes, en diabolos,
excroissances, fissures ou fentes de croissance, ... (photo 3).Dans les
cas les plus sévères, l’amidon des tissus les plus anciens peut se transformer
en sucres réducteurs donnant à la chair un aspect translucide, vitreux,
se liquéfiant parfois et rendant les tubercules impropres à la consommation.
Dégâts dus au gel ou au froid
• Sur la végétation: Symptômes de brûlure, les feuilles se
fanent. Les plus atteintes sont généralement les feuilles supérieures et
celles situées sur la périphérie. La plante repart des parties non touchées.
• Sur tubercule: Les symptômes apparaissent lors du réchauffement
après le gel. Le tubercule devient mou sur la partie gelée. L’intérieur
se liquéfie et noircit. Dans le cas de gel partiel, on observe des taches
grises à noires et irrégulières dans la chair mais plutôt en périphérie
du tubercule.
Les dégâts peuvent également avoir lieu lors d’un stockage à basse température
(voisine de 0°C) pendant une période relativement longue. Dans ce cas, il
peut y avoir blocage de la germination et/ou des marquages sur le tubercule
(nécrose et parfois enfoncements de la peau) (photo4).
Des nécroses de la peau peuvent apparaitre lors d’une mise en stockage brutale
à basse température sur des variétés à peau fine (photo 5).
Dégâts dus à la chaleur
Les tubercules exposés pendant plusieurs heures, au champ ou ultérieurement,
au soleil et à une forte température prennent un “coup de chaud» et les
tubercules présentent un aspect métallique,
avec un brunissement des tissus sous-jacents. Les tissus superficiels sèchent
et ces tubercules se conservent mal.
Les fortes chaleurs peuvent aussi provoquer le cœur noir et la filosité
des germes.

Dégâts dus à l’excès d’eau (lenticellose)
Des conditions de forte humidité du sol pendant plusieurs jours favorisent
un agrandissement des lenticelles sur les tubercules, qui déprécie l’aspect
de la récolte et favorise la pénétration d’agents de pourriture.
Taches de rouille
En
coupe, la chair du tubercule est ponctuée de taches ou points de couleur
« marron-rouille ». La maladie peut être confondue avec le mildiou ou avec
le virus du Rattle. Contrairement au mildiou, l‘extérieur du tubercule ne
présente aucun symptôme, et les taches ne communiquent pas avec l’épiderme.
Le phénomène est lié à une sensibilité variétale, conjuguée aux conditions
climatiques.
Cœur brun et cœur creux:

Ces
deux problèmes physiologiques internes au tubercule semblent assez liés
car le cœur creux est précédé du cœur brun chez certaines variétés, comme
Russet burbank ou BF.15. Les facteurs impliqués seraient des basses températures
après l‘initiation de la tubérisation (<15°C pendants 5 à 7 jours) ainsi
qu’une humidité importante (80-85°/o) qui détruiraient les cellules de la
moelle. Ensuite, une croissance lente et régulière favoriserait le cœur
brun alors qu’une croissance rapide serait favorable au cœur creux.
Le
cœur brun débute par une tache nécrotique marron au centre du tubercule
qui peut s’agrandir et présenter aussi une fissure.
Dans le cas du cœur creux, une cavité longitudinale, plus ou moins grande,
se forme au centre des tubercules les plus gros, avec parfois une forme
en croix. Les parois de cette cavité brunissent et un liège, cicatriciel
se forme. Le cœur creux est un phénomène variétal lié aux conditions climatiques
favorables au grossissement rapide des tubercules (forte alimentation en
eau et en azote, faible densité,...).

Cœur noir :

Le cœur noir se produit dans le cas d’un manque d’oxygène nécessaire
à la respiration des tubercules, Il est lié à une mauvaise conservation
ou à une période prolongée sans oxygène (frigo ou conteneur mal aéré) associée
ou non à un stockage à la chaleur ou au contraire à des températures très
basses.
Il est parfois associé à la présence de petites taches brunes déprimées
en surface du tubercule, provoquées par l’asphyxie des tissus, en cas de
renouvellement d’air insuffisant.

Noircissement interne:
Le noircissement interne se caractérise par la présence de taches gris-bleu
(taches cendrées), juste sous la peau des tubercules (photo 9). Cette coloration,
due à la transformation de la tyrosine en mélanine, est provoquée par les
endommagements du tubercule (les taches apparaissant 1 à 3 jours après la
lésion) et est souvent associée à une compression des tissus sous-jacents.
Le noircissement interne est favorisé par la sensibilité variétale, la teneur
en matière sèche (récolte après une période
sèche ou dessèchement en conservation), la manipulation des tubercules à
des températures basses (moins de 10°C) ou une fertilisation déséquilibrée.

Rosissement de la chair:

L’apparition d’une coloration rose à violacée
de la chair, sous forme de marbrures (photo 10), généralement localisées
dans la moelle des tubercules, est un phénomène qui se rencontre sur certaines
variétés, comme Roseval mais aussi des variétés à peau jaune (Record). Cette
pigmentation, non toxique et due à des anthocyanes, est favorisée par différents
facteurs:
·
-la lumière: les
tubercules situés près de la surface du sol sont plus atteints ;
·
-l’alternance de
nuits fraîches et de jours chauds ;
·
-un sol sec ou riche
en azote.
Verdissement:
Le verdissement de la peau des tubercules est
provoqué par la lumière qui permet la synthèse de chlorophylle mais aussi
de substances alcaloïdes toxiques comme la solanine.
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